Guide Bracelet et Collier Mala

Les bracelets et colliers Malas fleurissent dans les magasins et sur internet. Devenu un objet de mode, on le voit à présent au cou ou au poignet de nombreuses personnes.

Mais, est-ce que tous ces colliers de perles sont véritablement des Malas ?

Comment reconnaître un vrai collier Mala ?

Quelles perles doivent constituer un bracelet Mala ?

De nombreuses questions apparaissent, et il n’est pas toujours simple d’y trouver une réponse satisfaisante… Jusqu’à présent !

Dans cet article, nous tentons de vous expliquer tout ce qu’il y a à savoir sur ces bracelets et collier d’inspiration bouddhiste, qui au 21e siècle sont devenus des objets de méditation, de soin, et de mode

Qu’est-ce qu’un Mala ?

À l’origine, un Mala est en quelque sorte un chapelet, c’est-à-dire une série de perles enfilée sur un cordon refermé, utilisé réciter une série de prières.

Le Mala est constitué de 108 perles mobiles identiques et d’une perle fixe au niveau du nœud. Cette dernière, appelée stupa, sumeru, bindu, perle du guru, perle mère, ou bille de tête est différente, aussi bien au niveau de la couleur que de la taille et du matériau choisi. Son rôle est de marquer aussi bien le début que la fin, permettant ainsi de compter jusqu’à 108.

Le collier Mala

Il est constitué normalement de 109 perles (108 + 1 perle du guru), mais certains modèles ont ajouté 3 perles de comptage. Celles-ci sont différentes des autres perles, et sont toujours placées après la 27e, la 54e et la 81e perle. Elles permettent donc de séparer un cycle de 108 en quatre parts de 27, ce qui diminue grandement le risque d’erreur, d’où le nom de perle de comptage.

Les colliers Malas de cette catégorie ont donc un total de 112 perles :

  • 108 perles normales.
  • 1 perle du guru.
  • 3 perles de comptage.

Le bracelet Mala

À l’origine, le bracelet Mala est en réalité un collier Mala de 108 perles, enroulé plusieurs fois autour du poignet. Cependant, c’était assez volumineux et par conséquent peu pratique… Au fil du temps, des Malas plus courts sont apparus — de 54, puis 27 perles —, pensés pour être portés au bras.

Le nombre de perles s’est encore réduit, et aujourd’hui on trouve fréquemment des bracelets Malas ne comptant que 9 ou 18 perles, l’important étant qu’il s’agisse bien d’un multiple du chiffre 9.

L’histoire du Japamala

Il n’existe pas de référence claire à la création du Mala ; mais les textes anciens confirment qu’il est originaire d’Inde et qu’il s’est répandu en Chine avec le Bouddhisme.

Les origines du Mala

Les premières références claires au Mala en tant qu’instrument de prière datent du 4e siècle. On le retrouve dans un texte sacré — dans lequel Buddha indique comment le fabriquer et l’utiliser — mais aussi sur une sculpture datant de la même époque, ou le collier Mala est tenu dans la main et non autour du cou.

Il existe toutefois de nombreuses allusions plus anciennes à ces colliers de perles, qui laissent penser que le Mala aurait près de 3000 ans, mais celles-ci sont parfois critiquées par certains historiens.

Quoiqu’il en soit, il ne fait aucun doute que le terme « Mala » vient du mot sanscrit signifiant « guirlande de méditation », et qu’il était utilisé pour des séances de prières méditatives nommées « Japa ». C’est de là que vient le nom « Japamala », très souvent utilisé pour désigner ces colliers.

Les évolutions du Mala

Initialement utilisé par les moines hindous et bouddhistes pendant leurs prières, le collier Mala est vite devenu un instrument de méditation, la répétition de Mantra étant idéale pour se vider l’esprit et entrer dans un état de conscience exacerbée.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Mala comme un objet de mode n’est pas un phénomène récent. Dès le 13e siècle, ces colliers étaient devenus un moyen d’afficher un statut social, et il n’était pas rare d’offrir des Malas en matériaux riches et variés.

C’est effectivement vers cette époque que sont apparus les Malas en bois rares, ainsi que ceux faits avec des pierres précieuses, alors qu’auparavant ils étaient plus souvent fabriqués à l’aide de graines ou d’os.

Il est probable que l’utilisation du Mala comme objet porteur d’énergie, utilisé pour protéger contre les mauvais esprits et soigner divers maux soit apparue en Chine, vers le 17e siècle.

Signification du collier Mala

Les 108 perles du Mala ne sont pas le fruit du hasard. Ce chiffre a en effet une forte symbolique aussi bien dans la religion bouddhiste que dans l’hindouisme :

  • Les 108 souffrances (kleshas) dans le bouddhisme.
  • Les 108 sentiments (36 liés au passé, 36 liés au présent et 36 liés au futur) de la croyance bouddhiste.
  • Les 108 épreuves auxquelles Buddha a été confronté.
  • Les 108 péchés et 108 vertus, toujours selon le bouddhisme.
  • Les 108 textes sacrés (Upanishads) de l’hindouisme.
  • Les 108 noms de certaines divinités de l’hindouisme.
  • Les 108 lignes d’énergie formant le chakra du cœur
  • Les 108 positions de Yoga
  • Les 108 mouvements de Tai Chi

La liste pourrait s’allonger si l’on considérait séparément les chiffres 1, 0 et 8 (hautement symboliques dans l’hindouisme), ou les chiffres 9, 27 et 54.

Par ailleurs, la perle du guru, la 109e perle, a aussi une signification profonde. Elle symbolise le maître qui passe son savoir au disciple, qui a son tour retourne vers son maître une fois son parcours initiatique terminé.

De même, le Tassel, ou pompon se situant après la bille de tête, là où les bouts de ficelle se rejoignent et terminent, est une représentation de l’union entre celui qui tient le Mala et le monde divin.

Enfin, chaque perle est nouée séparément sur le Mala, ce qui permet de renforcer le collier, mais aussi de parfaitement espacer les billes, de telle manière qu’elles puissent être utilisées efficacement lors du Japa. C’est l’une des nombreuses différences entre un Mala et un simple « collier de perles ».

Les utilisations du Mala

Il y a autant de possibilités d’utiliser un Mala qu’il existe de personnes possédant un collier ou un bracelet…

Il n’existe pas de « bonne manière » ni de « mauvaise façon » de porter un bracelet ou un collier Mala. Chacun est libre d’en profiter comme bon lui semble, en fonction de ses besoins, de ses croyances, et de ses objectifs.

Les exemples suivants ne sont pas des recettes à suivre à la lettre, mais des exemples desquels il est possible de s’inspirer.

Mala et religion

Les Mantras doivent être répétés plusieurs centaines de fois, et il est facile de vite perdre le compte. Les 108 perles servent alors de compteur : il suffit de partir de la perle du guru et de faire glisser une perle entre ces doigts à chaque répétition. Lorsque l’on revient à la bille de tête, on est certain d’avoir répété 100 fois le mantra !

La question évidente est alors : pourquoi 108 perles, si le mantra doit être répété « seulement » 100 fois ?

La réponse est simple. Les 8 billes additionnelles sont une mesure de précaution, pour une éventuelle erreur de manipulation, ou pour une prière mal récitée. Lorsque l’on termine un Mala, on est sûr et certain d’avoir récité au moins les 100 mantras nécessaires, éventuellement un peu plus, mais en aucun cas moins.

Mala et méditation

L’aspect répétitif du récit de mantras à l’aide d’un mala est idéal pour entrer dans un état méditatif. Aujourd’hui encore, nombre de moines l’utilisent pour se vider l’esprit, en concentrant toute leur attention sur les perles qui glissent entre leurs doigts.

Certains adeptes du Yoga ou du Tai Chi l’utilisent aussi en tant que point fixe, sur lesquels le regard se tourne à chaque fois afin de se réorienter et de se reconcentrer.

Mala et lithothérapie

Si le bracelet Mala est aujourd’hui un grand classique de la thérapie par les pierres, le lien est beaucoup moins direct qu’il n’y parait. En effet, c’est surtout le pouvoir énergétique des pierres qui intervient, et le Mala n’est alors qu’un support pour les perles de différents matériaux.

Le collier Mala peut évidemment parfaitement se combiner avec la lithothérapie, mais c’est aussi une utilisation dans lequel on retrouve de nombreux « colliers de perles » qui ne sont pas de véritables Malas : nombre de perles incorrect, billes différentes entre elles, billes non nouées séparément…

Mala et mode

Si la mode suivait des règles, cela se saurait ! Ici, il n’y a pas d’us et coutumes, l’important étant de sentir bien et de porter son collier ou son bracelet avec fierté.

Cependant, un peu comme pour le point précédent, c’est un secteur où l’on retrouve de nombreux faux, avec des perles différentes ou en quantités incorrectes, mal nouées, sans Tassel…

En revanche, c’est aussi ici que l’on retrouve les innovations les plus intéressantes. L’une d’entre elles étant la multiplication des perles de comptages. Celles-ci sont bien situées après 27, 54 et 81 billes standard, mais elles peuvent être de forme et de conception différente. Il arrive même fréquemment qu’elles soient 3 ou 5 au lieu d’une seule, marquant ainsi une séparation plus importante, et plus esthétique, sans pour autant perdre de vue l’objectif qui est de séparer les perles en groupes de 27.

Choisir votre collier Mala

Pour bien choisir votre collier Mala, il y a 3 points auxquels vous devez faire attention. Pour le reste, c’est une question de goût personnel, aussi bien au niveau des matériaux que de l’esthétique.

Le nombre de perles

Un collier Mala doit obligatoirement avoir 108 billes identiques, et une perle du guru de couleur et taille différente. Il est aussi possible d’avoir 3 perles de comptage, situées après 27, 54, et 81 perles normales. Ces perles de comptage peuvent être multiples, notamment quand il s’agit de mode, mais doivent constituer un seul ensemble.

Les bracelets Mala sont souvent plus courts, mais doivent eux aussi respecter certaines règles au niveau du nombre de perles standard. Celui-ci peut être de 54, 27, 18, ou 9. En plus, le bracelet peut avoir une perle du guru, mais ce n’est pas nécessaire. En revanche, il est rare de trouver des perles de comptage.

Le style des perles

S’il n’y a aucune règle au niveau des matériaux, couleurs, taille ou forme, il est important que toutes les perles standard soient identiques. C’est un point qui est souvent sacrifié au profit de l’esthétisme, mais le concept du collier Mala est d’avoir 108 billes identiques, qui peuvent être parcourues avec les doigts de manière répétitive et sans distraction. 

Si chaque perle est différente au toucher, de par sa taille ou son matériau, cela perd de l’intérêt.

L’attache des perles

On ne le répétera jamais assez, sur un véritable Mala, chaque perle est nouée séparément sur le cordon. Elles restent ainsi espacées et peuvent être utilisées bien plus facilement lors des séances de méditation.

Un autre avantage est que, si votre collier casse, vous ne perdez pas toutes les perles qui tombent bruyamment sur le sol et s’éparpillent un peu partout dans votre salon…

Entretenir votre bracelet Mala

C’est une question qui revient souvent : comment prendre soin de mon collier Mala ?

La réponse s’avère généralement décevante… Il n’y a pas de recette miracle… Évidemment, mieux vaut éviter de l’exposer à des températures extrêmes (chaudes ou froides), ou de le soumettre à des chocs violents ou répétitifs, mais en dehors de cela, il n’y a rien à faire de spécial.

Un Mala n’est pas éternel, et un jour ou l’autre il se rompt. Cependant, ceci n’est en aucun cas une mauvaise nouvelle : la croyance dit qu’un Mala casse lorsqu’il a achevé son travail et que son propriétaire a franchi une étape de sa vie. 

La seule exception vient des Malas utilisés en lithothérapie, dont les pierres ont parfois besoin d’être rechargées en énergie. Selon les pratiques, ils doivent alors être laissés au soleil, dans l’eau, ou dans tout autre endroit approprié.

Le mot de la fin

Le collier Mala, et son petit frère le bracelet Mala, sont des objets extraordinaires. Chargés d’histoire et de symbolisme, ce sont aussi des accessoires de mode et des outils de méditation et de soin.

La beauté du Mala est qu’il ne s’enferme dans aucun cadre strict, et qu’il permet à chacun d’en profiter selon ses envies. Adepte de la spiritualité orientale ou victime de la mode, tout le monde a de bonnes raisons de porter un collier Mala !

Maintenant que vous avez appris à repérer les faux, et que vous avez compris qu’il ne sert à rien d’écouter ceux qui prétendent connaître LA seule et unique façon de bien utiliser un Mala, vous n’avez plus qu’à vous faire plaisir. 

Que vous l’achetiez ou que vous le fabriquiez vous-même, le collier Mala est avant tout destiné à vous aider à vous sentir mieux.

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